vendredi 15 décembre 2017

Comment la bio-impression va révolutionner la médecine

La fabrication additive semble être le nouveau Graal de la recherche scientifique. Depuis peu, une nouvelle technologie fait beaucoup parler d’elle : la bio-impression. Les progrès réalisés grâce à cette innovation ont été fulgurants et il se pourrait même qu’elle soit très bientôt utilisée à grande échelle.

Qu’est-ce que la bio-impression ?

La bio-impression reprend des techniques de fabrication additives traditionnelles. En effet elle consiste à empiler des matériaux par couches successives afin d’obtenir une structure conçue via un logiciel de modélisation 3D.

A la différence que la précision d’une bio-imprimante est au micron prêt et que les matières premières servant à l’impression sont des cellules vivantes, des biomatériaux ou bien encore des protéines.

Comme dans l’impression 3D traditionnelles, plusieurs techniques coexistent. Le jet d’encre, qui vient superposer des micro-gouttelettes de bio-encres qui se gélifient en se réchauffant ; la micro-extrusion ou bien encore l’impression laser.

Cette dernière technique permet d’obtenir une plus grande précision et est le fruit de 10 ans de recherche au sein de l’INSERM à Bordeaux. Exploitée par les français de Poietis, la bio-impression assistée par laser est également la technologie la plus aboutie.

Mais à quoi peut donc servir la bio-impression …

Vers des expérimentations plus éthiques

La bio-impression permet de réaliser des tissus vivants et des organes. Aussi, elle est actuellement utilisée à des fins de recherches que ce soit dans le domaine pharmaceutique ou cosmétique.

En effet, en imprimant des tissus caractéristiques d’une maladie pour tester un nouveau traitement, ou bien encore de la peau pour tester de futurs soins cosmétiques, cette technologie permet d’expérimenter dans les conditions du réel sans avoir recours à des cobayes (humains ou animaux).

L’Université du Queensland (Australie) a d’ailleurs réalisé le premier rein imprimé en 3D afin de évaluer la toxicité de nouveaux médicaments avant de les tester sur l’homme.

De son côté L’Oréal a annoncé un partenariat avec Poietis afin de produire des follicules pileux et ainsi développer des solutions visant à lutter contre la calvitie.

On comprend donc que la bio-impression va permette d’accélérer la recherche tout ayant une démarche plus éthique, en limitant le recours aux tests sur les animaux.

Un véritable espoir pour la greffe d’organes

Bien que cette nouvelle technologie en soit encore à ses balbutiements, l’objectif à court terme est de produire in vitro, et à partir des cellules des patients, des organes (foie, reins …) et de tissus humains pour effectuer des greffes.

Lorsque l’on prend conscience du nombre de malades en attente de transplantations, cette alternative pourrait bien changer le monde de la médecine et redonner espoir à des milliers de patients.

De plus, en utilisant les cellules du patients, le risque de rejet devient beaucoup plus faible, aussi les suites des opérations pourraient être moins lourdes en diminuant la prise de médicament anti-rejets.

De nombreux laboratoires à travers le monde se penchent sérieusement sur la bio-impression qui, selon une étude de 2015, représenterait un marché de plus de 100 millions de dollars.

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