jeudi 18 avril 2019

Mettre fin à ses jours dans une capsule imprimée en 3D ?

L’association Exit International vient de mettre au point une machine à euthanasie imprimée en 3D. Une idée qui semble tout droit sortie d’un roman de science-fiction née d’un besoin de sensibiliser l’opinion publique sur la question de la fin de vie.

Si le sujet est d’actualité, il est aussi source de bien des controverses. L’euthanasie, ou suicide assisté, reste une question délicate. En Australie, Philip Nitschke cherche à ouvrir le débat sur la légalisation de l’euthanasie au travers de son association Exit International.

Au cours de la « Exit NuTech Conference », l’ancien docteur et l’ingénieur hollandais Alexander Bannick dévoilaient « The Sarco », la première machine à suicide à monter soi-même.

Exit International

The Sarco – Crédit : Exit International

Le concept est de permettre à tous ceux souhaitant mettre fin à leurs jours, quelques soit la raison, médicale ou non, d’imprimer ce sarcophage à l’aide d’une imprimante 3D.

Bien que les fichiers soient disponibles en téléchargement, le sarcophage ne pourra se mettre en route qu’après avoir saisi un code à 4 chiffres. Pour l’obtenir, le candidat au suicide devra compléter un questionnaire afin d’évaluer sa santé mentale. S’il est considéré comme apte à prendre une décision raisonnée, le code lui sera transmis.

Il pourra alors s’installer dans la capsule qui se remplira d’azote liquide, le menant en quelques minutes vers une mort paisible.

La capsule peut ensuite être détachée pour se transformer en cercueil, le reste de la machine restant quant à lui réutilisable.

Pourquoi un tel projet ?

Depuis 1995, Philip Nitschke est un fervent défenseur du droit au suicide. Il fut d’ailleurs le premier à administrer une injection létale à un patient en phase terminale. A l’époque, la pratique était légale en Australie.

Exit International

Philip Nitschke – Crédit : Exit International

Lorsque la loi fut changée, rendant l’euthanasie illégale, le docteur Philip Nitschke créa Exit International et renonça à son droit d’exercer la médecine.

Son objectif est de faire reconnaitre le suicide comme un droit civil. A ses yeux, chaque individu devrait avoir le droit de choisir le jour et l’heure de sa mort, sans avoir à se justifier. Et dans les meilleures conditions possibles.

Si l’euthanasie et le suicide assisté restent illégaux dans la majorité des pays, certaines nations quant à elles l’autorisent. C’est le cas du Canada, de la Belgique et du Luxembourg. Dans d’autres pays comme l’Allemagne ou la Suisse, ils ne peuvent être pratiqués que dans un cadre médical.

D’un point de vu légal « The Sarco » n’enfreint aucune règle. Aucun des matériaux ou produits nécessaires à sa conception ne nécessite une quelconque autorisation ou expertise. La machine entre donc dans une zone grise où le suicide est assisté, sans nécessiter l’intervention d’un tiers.

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